L'EAU : UN ENJEU A PARTAGER

L'EAU : UN ENJEU A PARTAGER

 

 

La gestion des ressources en eau reste un des défis majeurs de l'humanité, et la coopération internationale y consacre une part importante de ses moyens. Les enjeux de cette gestion sont importants et les thèmes qu'elle traite sont typiques du développement. Les enjeux de la gestion de l'eau peuvent être décrits en termes sanitaires, alimentaires, sociaux, économiques, financiers, environnementaux, politiques et géopolitiques.

 

- Enjeux sanitaires
L'eau est la première cause de mortalité et de morbidité au monde de façon directe ou indirecte. Trois millions d'enfants meurent chaque année avant l'âge de cinq ans du fait du manque d'accès à une eau potable (la ville de Paris rayée de la carte chaque année). Les épidémies de paludisme et de dengue sont les plus grandes épidémies mondiales en termes de population touchée (plusieurs centaines de millions de personnes). Ces maladies sont transmises par des moustiques dont les larves se développent dans les eaux stagnantes présentes en grand nombre dans les milieux mal assainis. Elles sont ainsi une conséquence indirecte d'une mauvaise maîtrise de l'eau.

 

- Enjeux alimentaires
L'eau est un élément essentiel pour la production de cultures vivrières. On estime que 40% de l'alimentation mondiale est produite par des systèmes d'agriculture irriguée. A l'avenir, lacroissance de la population et l'évolution des modes d'alimentation nécessiteront une augmentation de production agricole qui pourra provenir que d'une meilleure utilisation de l'eau en agriculture.

 

- Enjeux sociaux
Plus d'un milliard d'individus n'ont pas accès à l'eau potable ; 2,4 milliards d'individus ne bénéficient pas de structures d'assainissement fiables. Les populations les plus pauvres localisées dans les zones rurales et périurbaines des pays en développement sont les plus touchées. Au sein de ces populations, ce sont les femmes et les enfants qui assurent la plupart du temps la corvée d'eau. Les populations des quartiers défavorisés paient l'eau plus cher, jusqu'à vingt fois le prix payé en centre ville, pour un service de mauvaise qualité.

 

- Enjeux économiques
Les inondations représentent 32% des catastrophes naturelles, 55% de la mortalité et 31% des coûts liés à ces catastrophes. La consommation mondiale d'eau payée par les usagers, essentiellement dans les centres urbains, est d'environ 300 milliards de dollars par an, ce qui représente 1% du produit mondial brut.

 

- Enjeux financiers
Les investissements actuels dans le domaine de l'eau sont d'environ 75 milliards d'euros par an, se répartissant comme suit : gouvernements et secteur public national 48 milliards, secteur privé national, y compris les communautés 14 milliards, aide publique au développement 9 milliards, multinationales 4 milliards. Les besoins de financements totaux sont eux estimés à 180 milliards d'euros par an pour les 25 prochaines années.

 

- Enjeux environnementaux
La moitié des grands fleuves et lacs mondiaux sont pollués. La moitié des zones humides a disparu depuis le début du 20ème siècle. La biodiversité a diminué de moitié dans les eaux douces. Les aquifères sont de plus en plus surexploités et pollués. L'eau est une ressource naturelle limitée. Cependant la demande augmente et la ressource est de plus en plus dégradée. Les perspectives laissent entrevoir une aggravation de ces tendances. Enfin, les problèmes liés aux changements climatiques concerneront au premier chef la ressource en eau.

 

- Enjeux politiques et géopolitiques
Deux sur trois des grands fleuves ou aquifères (soit plus de 300 dans le monde) sont partagés entre plusieurs pays. Deux personnes sur cinq dépendent de ces eaux partagées. 15% des pays reçoivent plus de 50% de leur eau de pays situés en amont. Peu d'accords internationaux de gestion existent. Toutefois la Convention de Genève de 1949 interdit toute attaque armée sur des barrages.

 

La poussée urbaine continue : 16% de la population mondiale en 1900, 45% en 1990 et près de 320 villes de plus d'un million d'habitants en 2000. Cela représente 5% de la surface du globe pour 25% des besoins des populations (compte tenu des besoins des industries concentrées dans les zones urbaines).

 

Ainsi, même si les actions dans ce domaine doivent être envisagées aux niveaux régionaux et locaux, l'eau apparaît comme un problème global qui concerne des domaines comme le changement climatique, la sécurité alimentaire mondiale ou encore la santé.

 

Par ailleurs, le secteur de l'eau illustre bien les questions qui sont liées aux programmes d'aide que ce soit la place des femmes, la participation des populations, la bonne gouvernance, l'amélioration de la santé, l'impact du développement sur l'environnement, la prévention des conflits, le développement du secteur privé, le partenariat public-privé, le renforcement des capacités. La question de l'eau se situe ainsi au coeur des grands courants structurants que sont la démocratisation, la décentralisation, l'organisation de la société civile, la gestion durable, la lutte contre la pauvreté ou encore les réflexions sur les biens publics mondiaux. A cet égard, il peut fournir une illustration de la façon dont ces questions peuvent se traduire en pratique.

 

Dans ce contexte, la France a un rôle particulier à jouer compte tenu de son expérience riche, variée et ancienne, de sa volonté de renforcer la solidarité internationale, de son engagement dans le développement de partenariats avec les pays du Sud, le plus souvent les plus concernés par ces défis de la gestion des ressources en eau.

Source : Ministère des Affaires Etrangères

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